mardi 10 juillet 2018

AVIGNON 2018


"PHILO FORAINE", DE ET AVEC ALAIN GUYARDConvertir en PDFVersion imprimableSuggérer par mail
Écrit par Claude KRAIF   
20-07-2018
"PHILO FORAINE", de et avec  Alain GuyardMAISON IV DE CHIFFRE du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les lundis)

Interprète : Alain Guyard


Il y a plusieurs façons de rire, rire jaune ou rire bêtement, avec Alain Guyard le rire est intelligent, philosophique,  quand il est question d’opposer René Descartes à Frédéric Nietzsche. Un véritable Gai savoir qui envahit la scène. Rien d’ennuyeux, de pontifiant, c’est de l’homme dont il est question, dans son quotidien  le plus terre à terre et le plus ciel à ciel. L’homme qui n’est pas qu’une mécanique obéissant aux injonctions de la gravitation.  L’homme qui n’est pas qu’un pur esprit domptant les basses pulsions du corps pour plaire à Dieu.
Il s’agit donc de rapporter les faits les plus banaux du quotidien et la pensée si contradictoire des deux grands philosophes. Alain Guyard est un bateleur, un animateur de fête foraine, un camelot malicieux qui peut vendre n’importe quelle poudre de perlimpinpin. En fait il est sérieux et son rire pourrait bien se transformer en grimace. Le corps et l’esprit quand ils sont en conflit peuvent générer toute sorte de conflit et de pathologie.
A la fin du spectacle le public est amené à poser des questions. Le débat s’amorce, porté par le plaisir d’une démonstration élégante, et la joie comme carburant, nécessaire à toute philosophie.



"PULSE(S) (EXTRAIT)", FILIPE LOURENÇO Editer
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Écrit par Claude KRAIF   
17-07-2018
"PULSE(S) (extrait)", Filipe LourençoLA PARENTHESE du 15 au 20 juillet 2018
Suivi de INSTANTANES#1 Anne Flore de Rochambeau, Tremor and more

Conception, Chorégraphie, interprétation : Filipe Lourenço

Percussions d’abord en se frappant la poitrine, le corps du danseur se met en mouvement. Les frappes sont relayées par la sono dans un crescendo de plus en plus rapide. Le danseur prend la musique à bras le corps, les percussions suivent les rythmes de leur origine orientale. On pense aux derviches tourneurs. La scène devient un manège qui tourne en même temps que le danseur. Les bras, les jambes font penser à la déesse Kali, la déesse du temps et de la mort. Le va et vient dessine des arabesques. La danse pourrait devenir transe mais Filipe Louranço contrôle ses mouvements  avec précision. Et toujours la percussion qui frappe, qui accompagne chaque geste. Qui pulse au plus loin du temps.


"INSTANTANES #1", DE CHRISTIAN ET FRANÇOIS BEN AÏM
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Écrit par Claude KRAIF   
17-07-2018
"INSTANTANES #1", de Christian et François Ben AïmLA PARENTHESE du 15 au 20 juillet 2018

Précédé de Pulse(s) (extrait) et suivi de Tremor and more
Chorégraphie de Christian et François Ben Aïm
Avec : Anne-Flore de Rochambeau

C’est un premier INSTANTANE de Christian et François Ben Aïm, une chorégraphie de l’instant à la manière du haïku japonais, quand l’instant émerge de sa solitude pour se relier à l’instant suivant. Une danse comme une présence pure de toute attache. Ce mouvement inouï demande à se métamorphoser sans cesse, porté par les sonorités de la musique.
La danse de Anne-Flore de Rochambeau est comme une performance, un inventaire de ce que le corps est capable de faire pour s’exprimer. Il s’agit bien de langage, d’une poésie corporelle, de la beauté aussi dans le sens de l’eurythmie, de la noblesse et de l’harmonie d’un corps qui peut s’élever, toujours plus haut.



"TREMOR AND MORE", DE HERMAN DIEPHUIS
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Écrit par Claude KRAIF   
17-07-2018
"TREMOR AND  MORE", de  Herman DiephuisLA PARENTHESE du 15 au 20 juillet 2018

Précédé de Pulse(s) (extrait), Instantanés #1 Anne-Flore de Rochambeau
Conception et chorégraphie : Herman Diephuis
Collaboration et interprétation Jorge Ferreira


Une table et des mouvements, le danseur semble incommodé par le côté statique de la table. Lui, il bouge dans tous les sens. La musique trépidante l’entraine. Il rampe, Il escalade. La danse est à l’intérieur de son corps. Elle veut sortir. C’est une chorégraphie spectaculaire, douloureuse comme un enfantement. Il faut être virtuose pour danser quand les mouvements vous échappent. Ce spectacle est impressionnant, exigeant, pendant que la table reste impassible, sans cœur.
 

"VERTIGES", DE NASSER DJEMAÏ
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Écrit par Claude KRAIF   
16-07-2018
"VERTIGES", de Nasser DjemaïThéâtre des Halles du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les lundis)

Mise en scène : Nasser Djemaï

Avec : Fatima Aibout, Clémence Azincourt, Zakariya Gouram, Martine Harmel, Issam Rachyq-Ahrad, Louis Tazaïrt

Cette pièce est une odyssée et le bateau d’Ulysse est l’appartement HLM. Ils sont une famille issue de l’immigration, comme on dit, avec deux générations qui s’opposent ou plutôt qui tentent de s’accommoder l’une et l’autre. C’est la concordance des temps quand la modernité s’oppose à la tradition. Un sujet finalement banal, mais il règne ici la volonté sous-jacente d’aller de l’avant, de passer les obstacles et les contradictions.
La scène est murée par des meubles de cuisine, ce qui créé un sentiment de claustrophobie. Une femme parcourt la pièce comme un fantôme dont on ne sait s’il vient du passé ou s’il préfigure l’avenir. Il règne dans l’appartement une humeur joyeuse. Survient  le grand frère en visite que le désordre insupporte, comme si la raison s’opposait aux sentiments.
La mise en scène très vivante, insiste sur la contradiction des personnages. Les uns sont insouciants, accommodants pendant que les autres veulent s’adapter au monde et réussir. De là survient un petit miracle, faire d’un univers concentrationnaire, un espace de dialogue et d’ouverture. Que les uns et les autres se parlent et que les paroles franchissent allègrement les murs. Un espace de rencontre et de tolérance.
Au final cette pièce est optimiste, généreuse, quand l’amour de l’autre prend le dessus pour réconcilier le passé et l’avenir.

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 "AVALEE DES AVALES (L')", DE RÉJEAN DUCHARME / LORRAINE PINTAL
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Écrit par Claude KRAIF   
16-07-2018
"AVALEE DES AVALES (L')", de Réjean Ducharme / Lorraine PintalLe Petit Louvre du 06 au 29 juillet 2018 (relâche les mercredis)

D’après le roman de Réjean Ducharme
Direction artistique : Lorraine Pintal

Avec : Benoît Landry, Sarah Laurendeau, Louise Marleau

C’est tout le bonheur de la langue québécoise qui nous avale, qui nous emporte dans une farandole de mots, d’images, de présence de cette jeune fille révoltée. Elle ne veut pas se laisser manger par tous ceux qui l’entourent qui sont eux-mêmes avalés et digérés par le système.
La comédienne Sarah Laurendeau est étonnante de vitalité, de fraîcheur, de spontanéité, une vraie performance d’actrice. Elle est la petite Bérénice qui refuse de jouer au jeu des adultes. Un jeu qui s’impose à elle comme un destin préfabriqué. Partagée par deux cultures elle choisit d’être elle-même, consciente et lucide, préférant être mal aimée, rejetée, recrachée. Elle bondit sur le plateau avec toute sa force de conviction. Jaillissante, rugissante comme un jeune fauve, elle est en colère contre ce monde absurde offert à sa jeunesse. Les mots de Réjean Ducharme utilisent l’humour et surtout l’éloquence comme moyen de résister, des mots qui restent au travers de la gorge. Qui refusent d’être avalés. La petite Bérénice est merveilleusement lucide et consciente. Sa nature est joyeuse contre vents et marée. C’est un brûlot de jeunesse et d’espoir, ennemi des fatalités tristes. Voilà donc un spectacle vivifiant, énergisant, plein du charme de la Belle Province.

"UNE SAISON EN ENFER", D’ARTHUR RIMBAUD
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Écrit par Claude KRAIF   
15-07-2018
"UNE SAISON EN ENFER", d’Arthur RimbaudThéâtre des Halles (La chapelle) Du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les lundis)

Mise en scène : Ulysse Di Gregorio
Avec : Jean-Quentin Châtelain

C’est une parole en fusion qui traverse le corps de Jean-Quentin Châtelain, une parole tellurique qui part des pieds pour traverser le corps tout entier. Cette parole fougueuse de Rimbaud domptée par l’acteur qui mastique les mots jusqu’à les rendre comestibles au monde. L’exercice est douloureux d’énoncer les syllabes furieuses jusqu’au calme du ciel.
Le comédien est dressé, imposant tel un démiurge dans un costume de magicien. Les pieds nus baignent dans un eau noire. Les mains sont tendues vers le sol. La tête oscille du bas vers le haut. La saison est en enfer mais c’est à Dieu que l’on s’adresse.
Ce spectacle est magnifique, étrange, presque surnaturel, quand les mots prennent corps dans les mouvements de la bouche et dans la voix qui peut murmurer ou crier.
La mise en scène est sobre, discrète, intime. La scène est dans la pénombre. Rimbaud nous parle dans un clair obscure… Sa voix se rapproche et s’éloigne en franchissant le seuil… magique !
"DOUBLE (LE)", D’APRÈS FIODOR DOSTOÏEVSKI
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Écrit par Claude KRAIF   
13-07-2018
"DOUBLE (LE)", d’après Fiodor DostoïevskiLes Trois Soleils du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les lundis) à 19h

Adaptation et mise en scène de Ronan Rivière

Avec : Ronan Rivière, Jérôme Rodriguez, Michaël Giorno Cohen, Jean-Benoît Terral, Laura Chetrit, Antoine Prud’homme de la Boussinière
et Olivier Mazal au piano

Le double, la doublure, le double jeu, telles sont les différentes variations que Dostoïevski aborde par le thème de « l’autre soi-même » qui cohabite en chacun de nous. Voilà donc cette double incarnation qui apparaît sur la scène, à la fois même et contraire, l’un, introverti, timide, solitaire, l’autre extraverti, envahissant jusqu’à vouloir prendre toute la place. Le personnage est pris au piège dans un jeu de miroir.
La mise en scène exploite cette dualité. La musique du piano passe de la mélodie à la syncope entraînant les acteurs dans une danse symétrique d’ombres et de lumière. Leurs costumes sont démodés au point d’en être risible, comme si une époque devait laisser la place à la nouvelle mode. Même le décor semble déboussolé par ces apparitions contradictoires, le décor austère du bureau remplaçant le salon confortable de la réussite.
Deux plus un égal trois, la comédienne est le troisième terme. Par son jeu habile et subtil elle représente l’harmonie des contraires. Le décor est comme un puzzle, un mobile à multiples faces, qui se déplace. L’interprétation des comédiens(ienne) se prête admirablement au jeu de cache-cache, de la gaîté et de la tristesse. La mise en scène et l’adaptation de Ronan Rivière, sont un bel exemple de rencontre heureuse, du roman et du théâtre.

"MARIAGE DU DIABLE (LE)", DE CHRISTOPH WILLIBALD GLUCK
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Écrit par Claude KRAIF   
10-07-2018
"MARIAGE DU DIABLE (LE)", de Christoph Willibald GluckChapelle du Verbe Incarné : du 7 au 11 juillet 2018 à 12h05

Mise-en-scène : Julie Timmerman
Direction musicale et piano : Benjamin Laurent

Avec : Deborah-Ménélia Attal, Marie-Claude Bottius, Joël O’Cangha, Henry Bastien-D’Elie, Alban Legos.
Anastasia Laurent : (violon), Clotilde Lacroix (violoncelle), Marc Pujol (percussionniste)
Musique : Christoph Willibald Gluck

Quand le carnaval antillais rencontre la musique classique, quand l’opéra se prête à la fête foraine, quand le diable donne aux amoureux le moyen de s’unir, c’est la fête dionysiaque. C’est la rencontre des traditions, le langage commun et universel de la fête, un trait d’union entre des cultures qui fraternisent. Un Orfeu-négro qui finit bien.
Tel est le pari de ce spectacle comme un remède au repliement sur soi. Il lui faut la ruse du diable mais aussi, la couleur et la beauté des voix d’Opéra pour traverser les océans. Il lui faut aussi tout le talent des comédiens/chanteurs lyriques, et des musiciens/comédiens.
La mise en scène joue du contraste des cultures, la douceur du violon, le rythme endiablé des percussions, la danse des contraires, des ombres et de la lumière, de la parole et du chant. En un mot, cette mise en scène de Julie Timmerman témoigne d’un beau mariage.

"PETITE VALSE VIENNOISE - BERCEUSE POUR LORCA"
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Écrit par Claude KRAIF   
11-07-2018
"PETITE VALSE VIENNOISE - Berceuse pour Lorca"du 6 au 29 juillet 2018 (relâche les lundis) à 12h30 à l'Ambigü

Texte et chansons de Federico Garcia Lorca
Mise en scène : Günther Leschnik
Sophie Millon : chant/jeu
Patrick Licasale : accordéon

Sur la scène la comédienne/chanteuse Sophie Millon interprète la « Conférence sur les berceuses » de Federico Garcia Lorca et les chansons que Lorca a réunies, accompagnée à l’accordéon par Patrick Licasale, entre autre « Petite Valse Viennoise » (repris par Léonard Cohen). Il y a aussi une berceuse en russe toute en douceur pour faire contraste avec l’Espagne.
Les chansons populaires, qui voyagent de siècle en siècle, illustrent bien l’âme espagnole dans sa singularité. Les chants sont beaux, rudes, tristes, même s’ils sont faits pour endormir les enfants, au-delà, quelque chose de plus profond que le sommeil se joue, quelque chose d’aussi indéfinissable que le fameux « Duende ». Un entre-deux entre la vie et la mort, où séjournent le rêve et la poésie.
Le charme est opérant. La parole de Lorca, l’interprétation de Sophie Millon, la danse, la musique, tous les ingrédients sont réunis pour un spectacle très réussi.
"PETIT DEJEUNER (LE)", DE CHARLIE WINDELSCHMIDT
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Écrit par Claude KRAIF   
12-07-2018
"PETIT DEJEUNER (LE)", de Charlie Windelschmidtà 9h et 10h30 à la Manufacture, Cour du musée Angladon
du 6 au 25 juillet 2018 (relâche les 12 et 19)

Mise en scène : Charlie Windelschmidt
Avec : Anaïs Cloarec et Véronique Héliès

Un petit déjeuner mais un grand moment de convivialité, les deux « comédiennes-cordon bleu » sont à l’œuvre en servant aux convives (le public) un petit déjeuner copieux.
La nourriture est aussi spirituelle, avec des textes de nombreux auteurs, gourmands, espiègles ou philosophiques, ouverts sur la journée qui commence, avec des commentaires sur les nouvelles du monde. Des textes magnifiques d’à-propos comme le passage de Marcel Proust sur la « madeleine » dans « A la recherche du temps perdu » qui nous est servi en même temps que la dégustation de fameuses madeleines… maison !
C’est un moment de partage où chacun est acteur autant que spectateur, où les gens se retrouvent comme à la fête des voisins dans ce voisinage magique qui s’appelle le spectacle vivant.
"MAÎTRE ET MARGUERITE (LE)", DE MIKHAÏL BOULGAKOV EditerConvertir en PDFVersion imprimableSuggérer par mail
Écrit par Claude KRAIF   
15-05-2018
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Du 10 mai au 10 juin 2018 au Théâtre de la Tempête


Festival OFF d'Avignon
Au 11.Gilgamesh Belleville 
Du 6 au 27 juillet  relâches les 11 et 18 juillet 

Adaptation et mise en scène : Igor Mendjisky

Avec : Marc Arnaud, Romain Cottard, Adrien Gamba Gontard, Igor Mendjisky, Pauline Murris, Alexandre Soulié, Esther Van den Driessche, Yuriy Zavalnyouk


Il fallait de l’audace, de la maîtrise, du pari fou, pour adapter le roman de Mikhaïl Boulgakov. Il fallait être alchimiste comme Faust, démiurge comme le diable, virtuose dans la scénographie et le spectaculaire, et voilà c’est une réussite.
Le public est installé sur trois fronts. Il entoure la scène comme au cirque romain. Les temps de Pilate, de Jésus, de Staline, de la société de consommation, se superposent dans un agencement qui donne à l’homme une place centrale, partagé qu’il est entre le bien le mal, la raison et la foi, l’ordre et le chaos. Pour le Maître et Marguerite, le salut viendra là où on l’attend le moins.
Magistrales donc l’adaptation du roman, la mise en scène qui voyage d’une langue à l’autre, dans le temps et dans l’espace, dans un univers fantasmagorique. Les sujets abordés sont graves  mais l’ambiance est plutôt celle de la fête foraine. Les comédiens circulent, bateleurs,  magiciens,  faiseurs de pluie. La gravité cède la place à la bonne humeur.


"ET HOP, LES GUERISSEURS" DE RUFUS Editer
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Écrit par Claude KRAIF   
08-07-2018
"ET HOP, LES GUERISSEURS" de RufusTHEATRE DU BALCON du 6 au 28 juillet 2018 rel : 10, 16, 17, 18, 24 juillet

Mise en scène : Rufus

Interprètes : Rufus, Richard Martin, Zoé Narcy

Rufus et Richard Martin, deux magnifiques comédiens et un texte étrange, improbable. Un échange surréaliste qui permet à nos deux compères d’interpréter deux personnages limites, un tueur et un guérisseur fou. Le troisième personnage est une apparition, comme une fée qui viendrait donner sens et légitimité. Le symbole de la guérison qui pourrait s’imposer, comme rédemption offerte en cadeau de consolation.
Ce spectacle est attachant, généreux, on sent une sorte d’amitié qui peut réconcilier la raison et la folie, une espérance aussi. Les deux hommes s’affrontent, crient, hurlent leur fureur, se justifient, mais ce qui ressort au bout du compte c’est le triomphe de la gentillesse et de la bonté.
"PLAIRE ABÉCÉDAIRE DE LA SÉDUCTION", DE JÉRÔME ROUGEREditerConvertir en PDFVersion imprimableSuggérer par mail
Écrit par Claude KRAIF   
08-07-2018
"PLAIRE Abécédaire de la séduction", de Jérôme Rouger11.GILGAMESH BELLEVILLE Du 6 au 27 juillet 2018 rel : 11 et 18 juillet

De et avec Jérôme Rouger

Plaire, plaisant, plaisantin, voilà Jérôme Rouger dans son « abécédaire de la séduction ». Un abécédaire à la Deleuze avec comme premier souci, faire rire même si les sujets sont graves, mariant, comme il est de bon ton au théâtre, la comédie et la tragédie.
Donc voilà Jérôme Rouger qui danse plein d’enthousiasme, virevoltant sur la scène immense du 11 dans une chorégraphie de lettres et de signes. Tel est son pari, remplir l’espace vide, écrire sur l’écran vide, comme s’il voulait trouver du sens, au monde, à la vie, à l’homme enfin, dans cette époque où les valeurs s’effondrent pour laisser place au vide.
C’est un spectacle drôle et l’on rit mais pas trop fort, pour que les lettres de l’abécédaire  ne soient pas soufflées par le vent.
"FAUST", D’APRÈS L’ŒUVRE DE GOETHE
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Écrit par Claude KRAIF   
08-07-2018
"FAUST", d’après l’œuvre de GOETHE
Le 11 ; Gilgamesh Belleville du 6 au 27 juillet rel : les 11 et 18 juillet

Adaptation et mise en scène ;  Gaële Boghossian

Avec : Paulo Correia, Fabien Grenon, Melissa Prat
Création musicale et interprétation : Clément Althaus

Tout est rassemblé dans cette magnifique mise en scène du Faust, opéra rock, chœur antique, son et lumière, effets cinématographiques. On pense au film des Pink Floyd « The Wall », on pense à la « Beauté du Diable » de René Clair. Il a fallu la grande scène du 11, un décor somptueux et tout un matériel audiovisuel pour rendre ce spectacle grandiose. Il a fallu aussi le chant, la musique et des comédiens virtuoses qui savent échanger leur personnage, tour à tour Faust et diable.
L’adaptation se veut une métaphore de notre époque, la dérive du monde industriel qui sacrifie les valeurs humanistes au profit de la richesse et de la consommation. Le thème récurrent de la dualité du bien et du mal finit par devenir convenu, banalisé, anesthésié. Dans la première scène, Faust est endormi. C’est à ce moment que le diable intervient. Le théâtre avec toute la force spectaculaire des moyens modernes, avec tout le bruit et la fureur du spectacle vivant, veut nous réveiller.